|
Flo
|
Textes -
Flo
|
|
Écrit par Clément Février
|
|
Lundi, 20 Juillet 2009 01:14 |
|
Il était affalé sur le canapé, fixant d’un œil hagard le défilement d’images sortant du tube cathodique. Il ne savait même pas ce qu’il regardait et, pour tout dire, cela ne le préoccupait pas. Les reflets changeants de la télé étaient la seule chose animant cette pièce à la tapisserie marron à fleur, dépassée, dont certains pans gonflés d’humidité avait jauni de telle manière qu’elle semblait posée depuis un bon siècle. Les volets étaient tirés pour préserver la fraîcheur et la lampe halogène au coin de la pièce lui conférait une luminosité douce-amère. L’odeur était la même que dans ces vieilles bâtisses de Village où la plupart de nos parents ou grands parents jouissent tranquillement de leur retraite. Là où l’air est empli de la nostalgie du passé, perdu depuis longtemps. Là où le silence n’est rompu qu’a chaque secondes par les rituels tic-tac d’une pendule, comme pour rappeler a ses occupant qu’ils ne vivent pas dans une cage figée, hors du temps. Que le compte a rebours enclenché à leur naissance touche à sa fin. Et c’est dans cette pièce, à la fois singulière et ordinaire qu’elle entra. Elle venait de la cuisine et le vit affalé sur le canapé. Le voyant endormi, elle n’osa pas le réveiller. Malgré ses 83 ans, elle s’assit sur l’accoudoir, posant une mais affectueuse sur son épaule. Tout aussi tendrement, elle se mit à loi caresser le dos en fixant les images de la télévision. Elle semblait diffuser une de ces séries pleines de bons sentiments & d’amitié retrouvée. De celles qui sont diffusées par les chauds après midis d’été. Bercée par les images et la lancinante marche du temps, elle s’endormi. A 15h37, un courant d’air froid stoppa la pendule du salon, laissant ses aiguilles immobiles comme si elles avaient achevé leur travail. Le soir même, la nouvelle de la mort de Juliette et de son chien fut répandue dans le village qui se déplaça en masse pour leurs enterrement, ensemble, au cimetière municipal. Toutes les discussions tournaient autour des souvenirs du passé. La nostalgie s’affichait au grand jour, avant de reprendre sa place habituelle d’ex moments perdus retrouvés, de souvenirs hantés de l’essence même de la vie.
|
|
|
Textes -
Flo
|
|
Écrit par Clément Février
|
|
Lundi, 20 Juillet 2009 00:53 |
|
Il y a fort longtemps, on raconte que vivaient parmi les humains des être surnaturels. Ces êtres qui n’étaient pas physiquement différents du commun des mortels pouvaient être confondus comme des entités divines possédant chacune un trait de caractère fort. C’est ainsi que la jeune déesse de la passion tomba éperdument amoureuse du dieu de la sérénité. Ce dernier, tout en aplomb, n’était pas du genre à se laisser gagner par quelque comportement spontané et irréfléchi et repoussa la jeune déesse. Celle-ci, peu encline à ce que l’on lui résiste se jura de ne jamais lâcher prise et de poursuivre sa conquête jusqu'à ce que le dieu soit sienne. Encore vierge, elle ne voulait perdre sa chasteté qu’avec lui. A force d’efforts et d’imagination, elle parvint au fil des mois à briser la carapace de calme et de réflexion de la sérénité pour qu’enfin il devienne sienne le soir du troisième anniversaire de leur rencontre. On dit alors que l’accomplissement de ces deux êtres exceptionnels attisa la curiosité des deux lunes de Leekatt qui quittèrent leurs orbites respectives et se réunirent pour protéger cette union d’un voile mauve, symbole de chasteté et de sérénité. Depuis ce jour, les deux astres commémorent cette union en se réunissant tous les trois ans pour inonder le monde de Leekatt de ce voile, en faisant ainsi la nuit des amours, là où s’accomplissent les premiers délices.
Une illustration du texte par Shin
 Une illustration du texte par Elfenight

|
|
Mise à jour le Lundi, 20 Juillet 2009 00:55 |
|
Textes -
Flo
|
|
Écrit par Clément Février
|
|
Lundi, 20 Juillet 2009 00:46 |
|
Une chanson écrite par Flo, le fichier son à malheureusement disparu.
|
|
|
Textes -
Flo
|
|
Écrit par Clément Février
|
|
Lundi, 20 Juillet 2009 00:42 |
|
Il est de ces souvenirs immaculés que le temps n’a touché de son épreuves et qui, comme gravés, restent en mémoire. Il est de ces souvenirs qui font que l’on se sent exister, qui démontrent l’importance de notre présence terrestre. Il est de ces souvenirs qu’en oraisons nous ne pouvons traduire que l’infinitésimale substance quand bien même la prose y perd jusqu'à la raison de son existence. En entamant l’écriture de ces mémoires, mon esprit n’a cessé de se focaliser sur le dernier souvenir que j’ai de mes parents. Je n’ai pu l’écrire avant maintenant car un sentiment de culpabilité m’envahissait lorsqu’en déraison je me focalisais dessus. Tout y était trop parfait pour une veille de deuil. Tout y resplendissait. En ce dernier jour du calendrier Nochien, la neige avait recouvert de son doux manteau l’immense terrain où plus jeune encore je rejouais les épisodes marquants des guerres démoniaques avec Nau Dehl. Ce sujet était tabou à la maison et c’était avec cette pointe d’espièglerie propres aux enfants de 8 ans que nous prenions un malin plaisir à faire tourner nos parents en bourrique. Toujours était-il que cette étendue rayonnait d’un blanc pur déformé par endroits par les traces de course d'erkeonans sauvages. Mon père s’était levé tôt le matin pour préparer les traditionnels Gants d’Odiernes. Tant et si bien que ce furent les effluves de fleurs d’oranger qui me tirèrent de ma torpeur matinale. Il faisait bon pour cette période de l’année. Je descendit a pas de loup les marches menant de ma chambre sous les combes à la cuisine mais la huitième me trahit par son grincement. Je me souviens qu’en guise de bonjour, mon père me barbouilla le nez avec la pâte du gâteur qu’il était entrain de préparer, mais que, ce faisant, il trébucha et s’étala de tout son long sur le parvis de la cuisine. Nous nous esclaffâmes tous les deux, là, en pyjama, à l’entrée de la cuisine. Ma mère, quant à elle, s’activait à décorer la maison avant l’arrivée de Nau Dehl et de sa famille. Cela faisait presque une année que je ne l’avais pas vue et elle me manquait terriblement. Ils arrivèrent dans l’après midi, comme prévu, quelques peu décontenancés. Ils étaient chargés d’apporter les cadeaux que nous avions coutumes de nous échanger, mais ils s’étaient aperçu en route qu’ils les avaient oubliés. Je ne me souviens plus de la réaction que cela à provoqué au sein de ma famille. J’étais sur le coup tellement content de revoir Nau Dehl que tout le reste de ce moment a été éclipsé de ma mémoire. Elle était vraiment belle. Plus ravissante que jamais. Elle s’était considérablement amincie, loin de la boulotte que j’ai connu. Sa poitrine commençait à se dessiner sous son chemisier. Je lui ai sauté au cou et nous nous sommes enlacés longuement, en guise de rattrapage de tous ces instants manqués. Je ne saurais dire pourquoi, mais ce No'Asaniel fut le plus réussi de tous ceux qu’il ma été donné de vivre. Jamais la maison n’avait été si bien décorée, jamais le repas ne fut aussi bon et copieux, jamais je n’ai vu autant rire les gens que j’ai aimés. L’absence des cadeaux à eu pour effet de nous rapprocher. N’ayant plus d’artifices derrière lesquels nous cacher, nous avons passé la soirée à parler, à rire, à boire et à chanter. J’ai souvenir d’une mémorable bataille de boule de neige dans l’obscurité de la nuit en compagnie de mes deux parents, de ma cousine, de mon oncle et de ma tante, où cette dernière, lassée de se faire attaquer de tous les fronts, voulu, comme lors d’un geste héroïque, riposter au dos d’un erkeonan sauvage qui avait le malheur de passer par là. Elle ne réussi qu’a s’enfoncer encore plus dans la neige, provoquant des éclats de rire de toute part. Il est des souvenirs comme celui-ci, qui traversent les épreuves du deuil et de la souffrance pour nous maintenir en vie. De ces souvenirs qui sont emplis de joie et de mélancolie. De ces souvenirs qui ronronnent au coin du feu, refusant nonchalamment de choir dans l’oubli. Ou peut-être est-ce simplement ce que Dog Näl appelait « la magie de No'Asaniel, ».
Gil Daurian Tenoch, Mémoires p.116-117. Bibliothéque de Kernacle
|
|
Textes -
Flo
|
|
Écrit par Clément Février
|
|
Lundi, 20 Juillet 2009 00:42 |
|
Nos souvenirs sont comme des partitions de musique : la mélodie est là mais il manque toujours ces petits détails que sont les appoggiatures. Enfin ça c’est pour les classiqueux et les folkeux. Dans le rock’n’roll, ce qu’il manque sur les partoches c’est à quel moment jouer faux, à quel moment casser une corde ou trasher un ampli avec de la binouze. Il ne reste presque jamais que la mélodie entourée de vide, de souvenirs évadés malgré quelques cordes cassées accidentellement au bon moment.
Larsen introductif : 12 cours Suchet Cela faisait un petit moment que je ne calculais plus grand chose. Tellement peu de choses que je ne me suis pas méfié du si joli sourire de Ninon lorsqu’elle me tendit le bang. Immergé dans l’ambiance du salon aux murs jaunis pas la fumée où s’entassaient Babos et Babos dans une proximité qui ferait passer une boîte de sardine pour un loft, je tire quelques douilles sur les basses lancinantes d’un Yasawas… Greg, le gros tas de dreads à qui appartient l’appart’, pris d’un élan soudain de motivation se lève, bouteille de rouge à la main et gueule « C’est minuit, abreuvons nous en l’honneur de la journée nouvelle ». Tout le monde suis… Sauf moi. Pris d’un éclair soudain de lucidité, je me rends compte que mon bus ne va pas m’attendre. Oubliant mon manteau, je m’engouffre par la porte qui ne ferme plus et descend les escaliers en spirale sans les calculer…
Cassage de corde : La place Bellecour Paf, je me retrouve instantanément place Bellecour, dont les innombrables spectres s’incrustent en persistance rétinienne. Je ne me souviens même plus avoir vu l’immense statue trônant en son centre. Force est de constater que dans le monde de mon rêve, elle a disparu. Mon bus aussi d’ailleurs. Même si je n’arrive pas à lire le panneau TCL, ma montre affiche les chiffres suffisamment gros pour que je comprenne ma demi heure de retard.
Jam de réparation : Rue de la République Ca y est, c’est sûr, je vais me taper le chemin à pieds. Hop, je quitte cette place pour la rue de la Ré… Putain mais merde, je me suis paumé ou quoi ? C’est pas la même… Là, je vois des trésors d’architecture au sommet des immeubles. Des sculptures, de pigeonniers… Mais toujours pas de passants. Le pied intégral. Tiens, on approche. Ne serais-je point seul ? C’est un punk, avec son cleb’s. On ne se connaît pas. On gueule les Berrus à gorge déployée pour emmerder les bourgeois. Arrive le moment où je dois tourner à droite et lui continuer tout droit. Il me file le fond de sa bière en guise d’adieu et je quitte cette merveilleuse rue de la république pour d’autres routines nouvellement appréciées.
Extinction de voix : Le supposé cours Lafayette La bière du punk ayant fini de m’achever, je ne me revois qu’au milieu d’une grande artère de circulation. Mon inconscient à bien voulu me diriger vers chez moi car il me semble que je suis bien sur le cours Lafayette. Là, je bloque sur un type entrain de répandre ses entrailles entre deux voitures. Je me marre par ce que ça aurais pu être moi mais que c’est lui, je me marre pour ne pas me dire que je suis perdu, je me marre parce que les immeubles sont soudains devenus menaçants et l’éclairage des réverbères lugubre, je me marre car au milieu de cette rue trop grande pour moi j’ai peur…
C’est toujours à ce moment là que, dans un concert, la bière au pied du micro du chanteur se renverse sur la pédale de distorsion du bassiste, arrêtant le show dans un orgasme décadent et nihiliste, laissant les auditeurs regagner leur corps et, par extension, la salle en temps qu’espace volumique défini de la manière la plus brutale et la plus inachevée possible.
|
|
|
|
|
|
|
Page 1 sur 6 |
Copyright © 2012 Le site du Forum Analogue. Tous droits réservés.
|