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Un illustre inconnu: François d'Aleyrac PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Clément Février   
Dimanche, 19 Juillet 2009 18:26

LE DIABLE M’A DIT


Le diable m’ a dit :

“T’es poète!
Alors fais - moi un poème!
Pas un poème d’amour avec des roses et des romances,
Pas un poème de confiseur, pas un poème triste,
Pas un poème de sentiment.
Je ne veux pas d’un poème bien rimé, bien balancé,
D’un poème qu’on lit dans les salons à l’élégance littératrice
D’un poème habillé pour la soirée d’une doctrine philosophique.
Non.

Je veux un poème plein de tous les syllogismes de l’amertume.
Écoute - moi et écris.
Je te dicte.

L’enfer, mon royaume, est d’une précision d’horaires de chemin de fer,
Le purgatoire sonne faux comme toute forme d’espoir,
Le paradis est la fiction de la fellation divine.

Le péché, surtout s’il est de chair originelle,
C’est le Ciel qui glorifie le vice
De la femme lapidée au mouillé de ses cuisses.

Le mal n’est que la conséquence du remord qui le précède et le crée.
J’aurais quant à moi préféré être le fils du bourreau
Plutôt que l’ange déchu. On m’en aurait moins voulu.

La tristesse épaisse accrochée à des paupières lourdes
Est le signe clinique de mauvaises habitudes honteuses :
Les pollutions nocturnes du sperme et de l’encre.

Alors que le rire, lui, est la suprême élégance du désespoir,
Du désespoir sans objectivité ni utilité démontrable,
De se savoir banalement périssable.

L’indécence érotique consiste essentiellement
A dénuder son âme sur la plage en public.
Et surtout à la nommer devant un psychanalyste en payant pour cela.

La pornographie est le salutaire débraillement de la pudeur,
L’ultime remède contre la tragédie du sabotage de nos désirs,
La dernière défense contre le mélange entre physiologie et extase.

La parole vraie est dans l’orgasme lucide et sans regret
De l’indispensable ironie, de la férocité vitale, du nécessaire talent
D’avoir brûler sa chandelle par les deux bouts à s’en retrouver nu.

Le lyrisme poétique est l’expression onaniste
D’une antique hystérie littéromane
Dont on nous a fait étudier la qualité des adverbes.

Les artistes enfin sont des gens qui ont trouvé le ton juste de la déception.
Ils ne survivent que parce qu’ils se désintéressent absolument de leur cruauté.
Mais ils sont les seuls humains à posséder le sens exact du chaos.

Ils marchent sur leurs chaussettes
Et ne supportent le jour qu’avec la charité de leur folie,
Dans l’odeur féminine de l’Origine du monde.

Ils ont le feu au cul et la fleur au caleçon,
L’amour carnassier et l’amitié vorace.
Ils ont faim trop souvent de leurs fruits interdits.

Ils se mêlent de tout dans leur malédiction.
Ils ont gueulé si fort depuis la nuit des temps
Qu’ils ont déjà tout dit mais recommencent encore.

Alors, tu persévères, poète?
Tu risques l’accident du diable ou du bon dieu, tu sais.
Ces deux vieux camarades aux yeux teintés de l’utopie.”

L’auteur persévère. Il n’est pas responsable des propos qu’il transcrit.
Le diable n’a pas vingt ans.
Laissons lui le temps de vieillir.

François d'Alayrac

 
L'intello vous salue bien PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Clément Février   
Dimanche, 19 Juillet 2009 18:22

Je rêvait d'un monde où le rêve en filigrane disparaissait de toute conception humaine.je croyais pouvoir aimer les hommes et les femmes pour ce qu'ils sont, et non pas faire précéder un fantasme à ma propre vision de leur nature. J'avais aimé l'Homme en acte et me voyait à l'aube d'une nouvelle vie entre deux choix: devais-je continuer à rêver au quotidien de ma propre conception de la meilleur façon de vous aimer ou m'abandonner à ces exhaltations instantannées que j'avais moi-même si bien manier avant de me poser la question. Devais-je grandir?
Je devait commencer par m'aimer moi-même et koi de mieux pour cela qu'un autre pour vous aimer vous, malgré vos défaut ou vos humeurs.
Je ne remercierait jamais assez ce petit bout de femme et pour tout vous dire, je suis à l'instant dingue d'elle. Bien sûr je ne me projette plus, ou moins.
S'aimer soi-même, et être capable de l'aimer, ce fut aussi réapprendre à se regarder dans la glace, réapprendre à ne pas voir son entourage dans des rapports de domination, et surtout pour moi ne pas s'empêcher de parler. C'est bien en effet la parole qui me permit de reprendre contact avec mon coeur. C'est triste à dire mais çà vaut bien mieux, tant que les questions restent dans un coin de la tête pour venir en aide aux potes en détresse..
J'ai dû attendre 18ans pour comprendre qu'il fallait vivre l'instant présent sans avoir peur de le dire car c'est un cliché, bien que je sache le faire depuis ma naissance.
Il y a des gens comme çà qui ont besoin de végéter un peu avant de repartir, je fais bien parti de ceux-là, et assume de poster ce truc qui pourra paraître chiant à plus d'un.
Car il ne faut pas se leurrer, un intello restera un intello avant tout

 
Jazz café PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Clément Février   
Dimanche, 19 Juillet 2009 17:37

On ne cherche pas ici à se rendre utile, que ce soit clair

J’avais décider ce soir d’aller faire un tour chez mon ami rue des jacobins
Il tenait un pub luxueux sur les bords de la seine, à deux pas de quelques dames de petite vertue...
Et j’aimais bien cette endroit, ses tables basses, sa lumière diffuse
J'appréciais particulièrement quand, après avoir passer l’entrée la gueule déjà bien enfarinée, une ambiance calfeutrée accueillait bientôt les habitués dans mon genre
J’étais venu seul dans l’espoir d’être tranquille, juste histoire d'écouter un peu de musique avant de retourner écrire un peu. J’avais toujours aimé le faire la nuit, et par chance je dormais peu.
Ca n’allait pourtant pas m’empêcher de rendre une fois encore le premier jet en retard à mon éditeur, qui d’ailleurs serait peut-être de sortie au Jazz café;
Mais au fond cela m’importait peu.
Le groupe qui jouait ce soir, m’avait-on dit en rentrant, tournait pas mal ces temps-ci et en effet,
il diffusait avec un charme assez classieux une touche troublante de sensualité...
On pouvait aperçevoir ici des regards se biaiser discrètement et là des yeux se détourner dans un sourire, et des murmures émanant de toutes parts semblaient planer dans l’air protégé par les murs recouverts de velours. C’était un de ces lieux privilégiés où seule une certaine forme de délicatesse régissait les règles de la séduction, un de ceux qui vous annonçait la plus exquise rencontre avant même d'en avoir goûter les prémisses et j’aimais me plaire à croire que rien n’était entendu d'avance dans cette douce atmosphère de blues,
En même temps je devais peut-être cela au whisky dilué pourtant de deux glaçon qui semblait se détendre a peu près autant que moi et ma sale ganache affalée dans un fauteuil aux relents de daims et de cigarette. Je me battais franchement contre l’idée de ma propre déchéance et c’est alors que je me décidais enfin à boire ce fond de verre et à me tirer que le pianiste commençà à jouer un air de Franky Taylor. Le musicien n’avait vraiment pas grand chose à envier au génie anglais et c’était un vrai bonheur de l’écouter.
On se leva, connaisseur, ou juste pour apprécier un peu plus ce moment romantique sur des slows d’une douceur infinie...on laissa même un jeune couple faire partager son talent fougueux à l’assistance sur le devant de la scène, et on les remercia de milles applaudissements.Je partais finalement après encore quelques morceaux, imprègné d’une nostalgie délicieuse et je l’espèrais, créatrice.
J’écrivis ainsi des heures durant sans en démordre, en sentant comme chaque fois se retranscrire sur le papier tout l’amour que je portais au Jazz, à ce petit coin parisien niché auprès de mon coeur.

 
Farindjing's hotel PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Clément Février   
Dimanche, 19 Juillet 2009 17:45

Farindjing hotel's

Huit heures. Une goutte de rosée scuinte encore le long du crépis, impatiente de s'envoler dans la chaleur d'un rayon de soleil. Je ne me rappelle même plus qui est cette fille avec qui j'ai passé la nuit. Mais elle est là c'est l'essentiel.
J'aime les matins où chantent en soi les désirs suranés d'un souffle sur ses lèvres et quand pas loin de mon cœur surgissent les images noirs et blanc que sa bouche a fait défiler la veille devant mes iris lance-flammes de mes rêves en éveil. On n'sait jamais, peut-être un jour l'heure ne viendra plus de se lever…
Le balais commence. Pourpres ou vermeilles, ses bras élancent en moi quelques effluves sucrées de tendresse et des moments d'éternité; une lampée de sa bouche brûle toujours sur mes lèvres et, au détour d'un jeu, elle laisse apparaître sa cicatrice, celle qui remonte de son cou jusqu'à l'encommissure de sa bouche. Elle me foudroie, et je sens à l'instant couler en moi un grand écho d'effroi qui semble répondre comme un éclair à cette marque du temps. Puis çà passe, et je me surprend à l'aimer de la même façon que je me prend à aimer le reste de son son corps dans lequel je me noie, libéré de toute pression.
Le mur blanchâtre qui me fait face est ajouré d'un eventail de lumière d'une splendeur sans égale en cet instant. L'air frais dissimule un voile de douceur qui semble s'effacer devant mes yeux en imprégnant mon être pour me procurer un moment de bonheur absolu.Tout paraît si simple, si chaud comme le soleil... Sa lente respiration suçurre à mes oreilles de me languir encore un peu sous la couette, histoire de profiter un peu plus de ces minutes entre au revoir et nulle part, perdu dans cet hotel au bout du monde…
J'ai toujours eu besoin de moments de répis en dehors du temps, et ces instants divins ne pourront que persuader ce que mes envies ne cessaient de me souffler; mais chut! On frappe à la porte. C'est l'heure du petit déjeuner…

 
vieux bad trip à la Léo Ferre PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Clément Février   
Dimanche, 19 Juillet 2009 15:49

Terriens Terrienne

Susurrons ensemble les déliriums glacés
Qui rongent en notre sang les détestables pulsions
Enterrant notre être au plus profond de son vice avarié
De sexe et de mort
Sursitaire
C'est ainsi sur cette Terre
Soignons à présent nos murmures cachés
En rongeant dès maintenant les contours gercés
Des plaies saignantes provoquées par les entailles creusées
Par le temps au plus profond de notre chair transformée
En une ébullition permanente de miasmes putrides
Sursitaire
C'est ainsi sur cette Terre
Sûr que si Dieu débarquait demain
Il ne pourrait que s'enfoncer en hurlant à la mort
Dans la marée nauséabonde de nos corps en putréfaction
Parmi le liquide magmatique du sperme humain répandu
sur toute la surface du globe
Sursitaire
Ainsi soit-il
Et c'est pour en finir avec l'humanité que nous descendons
Au plus profond de ses entrailles et des bassesses qui la contractent en son sein
Jusqu'à étouffer son orgueil dans les turpitudes tentaculaires
De sombres vicissitudes tournées vers la destruction
Qui n'autorise alors que des exploits relatifs appelés Bonheur
Et voués à l'échec industriel

 
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