La Commission Européenne fait-elle pression sur Microsoft ? PDF Imprimer Envoyer
Articles - Institutions
Écrit par Clément Février   
Vendredi, 11 Décembre 2009 09:06

Pour une fois, et de souvenir c'est la première fois, la libre concurrence fait bouger les chose en bien. Le principe étant que quiconque puisse rentrer dans la concurrence sur le marché sans restriction. La position dominante de Microsoft étant toujours incontestée, la vente liée est toujours de mise, la Commission Européenne a demandé à Microsoft de laisser le choix du navigateur web. Ceci dans le but de favoriser la libre concurrence entre les navigateurs.

Restons critique et réfléchissons un peu. Mozilla et ses navigateurs Firefox, notamment les versions 2 et 3, on fait leurs preuves en terme de performance, si bien que Firefox est rapidement devenu dominant (45,4% de parts de marché en janvier 2009, contre 19,4% en avril 2006). Donc, pour que la Commission Européenne choisisse de respecter ses propres principes économiques, parler de politique ici serait erroné, il n'y a rien de politique là dedans, une politique économique à la limite, il faut d'abord que les initiatives créatives et dynamiques, en fait la concurrence, fassent leur percée. C'est un peu comme s'ils avaient fermé les yeux jusqu'au moment où le problème devient trop flagrant.

Extrapolons. Peut-on penser qu'il en sera de même pour le reste des produits Windows, comme le Winodws Media Player, la suite Microsoft Office, etc. ? Attendre d'avoir un logiciel concurrent très performant, qui fasse ses preuves et atteigne assez de parts de marché pour être pris en compte dans la politique économique, alors que cette même politique est sensée les protégés à la base !

Poussons le vice jusqu'au bout. Le finalité de ce premier pas serait à long terme la vraie libre concurrence logicielle et donc des systèmes d'exploitation. Pour cela, il faut qu'un système d'exploitation performant fasse son apparition et perce grandement le marché. Nous avons Apple qui crée son système pour ses machines, c'est donc un cas un peu à part que je fais pas rentrer dans cette analyse. Les systèmes Linux qui sont des concurrents potentiels, performants, stables, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils sont très appréciés sur les serveurs, mais qui ont le désavantages, en terme de marché, d'être très diversifiés. On comprend aisément que s'il n'y avait qu'une seule distribution Linux, celle-ci aurait un énorme point car toute les statistiques reviendraient sur celle-ci. On entend bien que d'un point vu utilisateur, cette diversité représente un gros avantage. Ubuntu, sponsorisé par l'entreprise Canonical, fait ses preuves notamment grâce à son ergonomie et est devenu en quelques années la principale distribution Linux. Malgré cela, Linux représente seulement 1,02% de parts de marché, contre près de 87,90% pour Microsoft, en avril 2009, il y a donc moins de 1,02% d'ordinateurs sous Ubuntu. D'après ce que nous venons de voir, ce n'est pas suffisant pour faire entendre sa voix, ce qui, je le souligne à nouveau, est paradoxale à la politique économique libéraliste. D'un autre côté, nous avons Google développant Google OS, qui a les moyens de prendre beaucoup de parts de marché en peu de temps. Si cet OS est prévu pour tout type d'ordinateur et pas seulement pour ceux qui seraient construits par Google ou pour Google OS, alors on peut penser que la Commission Européenne remarquera la même incohérence que pour les navigateurs web, aboutissant alors à la réprimande de la vente liée.

Alors attendons et promouvons le logiciel libre jusqu'à ce que les politiques, ou devrais-je dire les économistes, voient notre force.

Mise à jour le Samedi, 08 Janvier 2011 20:20
 

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