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Textes -
Niko
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Écrit par Clément Février
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Dimanche, 19 Juillet 2009 20:55 |
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Au départ c’est comme dans un film. Rien de très original. Juste une part de masculin qui se glisse dans la peau d’un ange, mon Ange. C’est elle qui inspire ces mots, comme tout ce que je fais du reste de ma vie. Je venais de rentrer d’une soirée avec des amis de longue date. On avait un peu bu, mais c’était resté correct et comme toujours nous avions passé ensemble une excellente soirée. Mais ce coup-ci, j’en étais parti avec cette espèce de mélancolie qui vous atteint lorsque vous quittez une femme que vous avez aimé, que vous aimerez toujours un peu, et que vous ne reverrez plus jamais, porté que vous êtes par la fuite en avant incessante de votre vie. Ce sentiment m’avais suivi durant tout le retour. Il semblait accompagner l’ivresse feutrée du Porto...mais le fait était qu’au fond, comme souvent dans ces moments là, j’étais las de devoir quitté ce que j’aimais. Le jour se lèverait dans quelques heures, et je savais que rien n’aurait changé. J’avais pris le volant sans vraiment penser à ce que je faisais, promenant un regard hâve sur les autres véhicules qui comme moi semblaient déroutés par la pâleur maladive de cette nuit parisienne: la ville des lumières assombrissait nos humeur et annonçait déjà la fin des festivités... Je pris soin de rentrer sans faire de bruit. Les deux clics de la clé. La veste sur le portemanteau dans l’entrée. Jen devait dormir car seul le froid d’un grand silence accueillit mon arrivée. Pourtant en pénétrant dans le couloir, un halo de lumière venu de la cuisine vint surprendre ma vue encore troublée. Jen était là, assise sur une chaise haute et fumait une cigarette. Ou du moins celle-ci était allumée, car ses yeux vagues semblaient depuis longtemps s’être détachés des cendres tombantes pour se perdre dans l’horizon brumeux qui se découvrait par la fenêtre entrouverte. Son air triste laissait transparaître une infinie langueur dans son attitude, et une lumière bleutée venant de la chaîne encore allumée tamisait la pièce tout en laissant les volutes de fumées s’enlacer autour de Jen. Elle ne m’aperçut pas tout de suite, et je restais là, comme arrêté par la vision de mon ange embrassé par une froide douceur... Muse du bar auquel elle était accoudée, elle laissait négligemment la langueur satinée de sa nuisette épouser la sensualité de ses deux cuisses qui se croisaient en frémissant imperceptiblement dans la fraîcheur des courants d’air. Un souffle aurait d’ailleurs suffi à éveiller son attention, mais je préférais me saisir de cet instant d’intimité dont le poète du péché floral aurait pu me défaire...car c’est après cet instant où une tristesse bleu-nuit avait semblé dégouliner sur son visage à partir de ses yeux que les vers du bonhomme avaient pris un sens pour moi. Car l’amour - sensation habituellement suave et exaltante - s’était finalement fondu dans une contemplation silencieuse...et tout n’était qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté...
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