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Écrit par Clément Février
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Lundi, 20 Juillet 2009 16:55 |
270 L'orgueil et le dégoût intellectuel chez l'homme qui a profondément souffert – le rang est déjà presque déterminé par le degré de souffrance auquel un homme peut endurer - la certitude terrifiante, dont l'homme est tout imprégné et coloré, celle d'en savoir plus long, du fait de sa souffrance, que les plus malins et les plus sages, parce qu'on a exploré les terres lointaines de l'horreur dont « vous ne savez rien », d'y avoir été une fois « chez soi »...
Ce taciturne orgueil du souffrant, cette fierté de l'élu de la connaissance, de « l'initié », presque de la victime de la connaissance, l'oblige à adopter toutes sortes de déguisements pour se protéger du contact des mains indiscrètes et secourables, et en général de tout ce qui ne l'égale pas en douleur. La souffrance profonde fait de nous des aristocrates, elle isole. L'un de ses travestis les plus subtils est l'épicurisme et une sorte de bravade qui prend la douleur à la légère et se défend contre toute tristesse et contre toute profondeur. Il y a des hommes «joviaux » qui se servent de leur jovialité pour se faire méconnaître, ils veulent qu'on les méconnaisse – et c'est ce qu'ils veulent. Il y a des savants qui se servent de la science pour se donner une apparence de sérénité, parce que le goût du savoir fait supposer que l'homme est superficiel. Ils veulent nous induire à cette fausse conclusion.* Il y a des esprits libres et effrontés qui cherchent à cacher et à nier qu'ils aient des cœurs brisés, orgueilleux de porter une blessure inguérissable (le cynisme d'Hamlet, le cas Galiani), et parfois la bouffonnerie elle-même est le masque d'un néfaste et trop sûr savoir. Il en résulte que c'est une marque d'humanité assez délicate que de respecter le « masque » et de ne pas exercer à tort et à travers notre pénétration psychologique et notre curiosité.
*Ce n'est pas la première fois qu'il dit des choses aussi tordues et erronées, je me mets ça sur le compte de son mépris des scientifiques contre les « esprits libres », i.e. Les philosophes comme lui.
Ceci couplé à son sentiment de persécution des philosophes. |
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Mise à jour le Lundi, 20 Juillet 2009 16:58 |